Le 19 août, Panic! At The Disco a publié son 7e album Viva Las Vengeance. Un album qui divise pour sa musique bien différente de ce qu’a pu faire le groupe par le passé. Pourquoi Panic! At The Disco ne ressemble plus à ce qu’il était à ses débuts ?
Je suis une grande fan de Panic depuis des années. Certains des albums et de titres du groupe font partie de mes préférés. Mais dès les premiers singles sortis pour faire la promotion du futur 7e album, je savais que je ne serais pas convaincue par ce nouvel opus complétement différent. Et je constate que je ne suis pas la seule aujourd’hui que Viva Las Vengeance ne convainc pas et même déçoit.
Pour comprendre pourquoi Panic ne ressemble absolument plus à ce qu’il était, il faut revenir au début. Le groupe se forme à Las Vegas en 2004 et compte quatre membres : Brendon Urie, qui est aujourd’hui le seul membre restant, Spencer Smith, Brent Wilson et surtout Ryan Ross. Pourquoi surtout ? Parce que c’est Ryan qui est à l’origine du groupe, avec Spencer, qui est le chanteur principal avant l’arrivée de Brendon. C’est lui qui va contacter Pete Wentz, le bassiste de Fall Out Boy, pour se faire signer dans son label. Et enfin, c’est lui qui écrit toutes les chansons de A Fever You Can’t Sweat Out, le premier album du groupe sorti en 2005. Cet opus est un pur produit pop rock, inspiré par les groupes du moment comme Fall Out Boy et avec des sons originaux et intéressants.
Le groupe enregistre ensuite Pretty. Odd., son second album complétement différent du premier. Ici, les sonorités sont plus pop, s’inspirant des années 70 et de groupes comme les Beatles ou les Beach Boys. Encore une fois, Ryan Ross écrit presque l’intégralité des chansons. Mais un an après sa sortie, en 2009, Ryan et Jon Walker, qui avait remplacé Brent Wilson en 2006, quittent le groupe pour former leur propre formation : The Young Veins. La raison principale ? Un désaccord musical entre Ryan et Brendon. Le premier voulait continuer sur la tendance retro rock alors que le second souhaitait s’intéresser à une musique plus pop.
A partir de là, les choses se compliquent pour Panic. D’abord, Dallon Weekes rejoint le groupe en tant que bassiste. Le groupe sort alors Vices & Virtues en 2011 puis Too Weird To Live To Rare To Die en 2013. C’est pendant la tournée de ce nouvel album que Spencer Smith quitte à son tour le groupe pour traiter son addiction à l’alcool. Pendant la réalisation de Death of Bachelor, le cinquième album, Dallon Weekes n’est plus considéré comme membre officiel du groupe mais uniquement comme membre de la tournée.
À partir de 2015, il ne reste donc qu’un seul et unique membre chez Panic : Brendon Urie. Et c’est tout simplement la raison qui explique pourquoi le groupe a tout changé au fil des années. En tant qu’unique membre du groupe, même s’il est difficile d’appeler groupe une formation avec un seul membre officiel, Brendon Urie est libre de faire ce qu’il souhaite. Son souhait de poursuivre son chemin dans la pop, il l’a réalisé. Death of Bachelor et surtout Pray for the Wicked sont le parfait exemple avec des titres populaires qui passent régulièrement à la radio.
Ce n’est pas donc surprenant que Viva Las Vengeance soit juste la représentation des envies de Brendon en termes de musique. L’album est loin d’être nul, en somme, les compositions sont intéressantes et la voix de Brendon Urie reste agréable à écouter. Mais il est difficile d’accepter que cette nouvelle musique soit rattachée au même Panic! At The Disco des débuts. Là où Ryan Ross écrivait tous ses textes seuls, Brendon Urie est accompagné par équipes d’auteurs, rendant les chansons bien moins personnelles.
Il n’est pas impossible que le prochain album de Panic renoue avec le côté plus rock des débuts. Mais le problème restera toujours le même : Panic! At The Disco n’est plus que le nom de scène de Brendon Urie, mais aujourd’hui Brendon Urie n’a plus rien à voir avec Panic! At The Disco.
Crédit photo : Panic! At The Disco
