Avec ce cinquième album, The 1975 propose une nouvelle facette de leur art. Plus affirmé et moins dans l’expérimentation, ce nouvel opus est plus mature que les autres. Mais est-il à la hauteur ?
J’ai une relation conflictuelle avec The 1975. J’aime beaucoup le groupe que j’ai découvert vers 2014, à l’époque de tumblr et de leur premier album éponyme. J’ai énormément écouté cet album pendant mon adolescence. Si j’ai apprécié le second album, les sorties suivantes me plaisient de moins en moins au point que j’étais un peu frileuse par rapport à Being Funny In A Foreign Langague. Est-ce que j’allais enfin retrouver le groupe de mon adolescence ?
Le premier single sorti pour la promotion de l’album est Part Of The Band. Produite par Jack Antonoff, qu’on a l’habitude de voir aux côtés de Taylor Swift, la chanson a des airs de rock folk très intéressants. Une instru qui change de ce qu’a pu proposer le groupe par le passé qui cherche, une nouvelle fois, à se renouveler. On retrouve cependant un thème récurrent de The 1975 : la vision qu’a Matty Healy, le chanteur, sur lui-même. Il évoque ainsi l’évolution de ses relations avec les autres et n’hésite pas à s’autocritiquer. Si le chanteur considère que ce titre était le premier single idéal, je suis un peu mitigée. Même si j’aime beaucoup le changement de style et que l’on voit l’évolution du groupe, je trouve pas que ce soit la meilleure chanson de l’album.
Happiness, le second single, correspond parfaitement à ce que j’attends du groupe. On retrouve des sonorités dansantes et un peu jazz que l’on a déjà pu entendre chez The 1975 par le passé. Surtout, ce titre met en avant le thème principal de l’album : l’amour. J’aime beaucoup la construction de la chanson qui passe d’une relation amoureuse parfaite pour le chanteur à la fin de cette même relation et l’angoisse de Matty Healy à l’idée de ne pas retomber amoureux. Une angoisse montrée par les répétitions de certains lyrics. Je trouve Happiness vraiment bien travaillée et, finalement, un bien meilleur single que le premier.
L’amour continue son chemin avec I’m In Love With You, le troisième single. Cette fois Matty Healy s’ouvre sa difficulté à gérer sa relation amoureuse, notamment en ne prêtant pas suffisamment attention à sa partenaire ou en ne parvenant pas à lui parler de ses sentiments lorsqu’ils sont ensemble. La légèreté de la musicalité de ce titre, qui a même quelque chose d’un peu dansant, contraste donc avec le thème. Coup de cœur pour le clip qui a quelque chose de très vintage dans son esthétique et sa danse.
Le dernier single est sûrement mon préféré de tous. All I Need To Hear est une balade au piano qui met parfaitement en avant la voix mélodique et magnifique de Matty Healy. On retrouve une nouvelle fois l’amour dans les paroles, avec cette idée que la seule chose que le chanteur ait besoin d’entendre et que sa partenaire l’aime. Il n’a pas besoin de ses amis ou même de sa musique, tout ce qu’il veut c’est de l’amour. J’aime beaucoup le côté intime de la chanson. Et surtout, même si elle me rappelle les premiers tubes du groupe, on sent l’évolution avec un côté moins sombre mais plus doux.
On retrouve à plusieurs reprises le thème de l’amour notamment avec la balade When We Are Together ou le plus énergique Looking For Somebody (To Love) qui semble tout droit sortir d’un album des années 80. Mais ce thème se développe avec d’autres titres.
J’aime beaucoup Wintering qui a un côté jovial et festif, on plonge dans les souvenirs de famille. Une vision de l’amour différente de celle explorée tout au long de l’album. Human a un côté très sincère puisqu’il s’agit d’une nouvelle balade au piano dans laquelle le chanteur rappelle qu’il est humain aussi. Il développe ainsi l’idée que chacun mérite de l’empathie et une seconde chance. J’adore la phrase « And I’m sorry that I’m someone that I wish I could change » qui veut tout dire selon moi.
Et que dire d’About You, qui est la suite de mon titre préféré du groupe, Robbers. S’ils ne l’avaient pas dit, je n’aurais jamais deviné personnellement. Mais la chanson est magnifique et a, il est vrai, la même vibe un peu mélancolique et sulfureuse de sa grande sœur. Et j’adore le pont auquel se rajoute Carly Holt, la femme du guitariste. Cette voix féminine apporte définitivement quelque chose au titre.
Globalement, Being Funny In A Foreign Language est un album très intéressant qui décide de traiter l’amour ses différents visages. Comme souvent avec The 1975, on retrouve cette idée de blessures amoureuses avec des relations qui ont échoués. Mais on retrouve quelques surprises vraiment intéressantes, notamment au niveau de la musicalité de l’album. On est loin des expériences un peu bizarres du groupe, qui a absolument le droit de s’essayer à de nouveaux genres. L’album reste assez stable et peut facilement plaire au plus grand nombre.
BEING FUNNY IN A FOREIGN LANGUAGE – ★★★☆☆
Bon. J’ai vraiment essayé d’aimer cet album de The 1975. L’album est plutôt pas mal en vérité, j’aime beaucoup les vibes un peu 80s qui sortent de certains titres et les balades plus douces sont vraiment réussies. Certaines chansons sont vraiment très intéressantes comme About You ou Looking for Somebody. Mais je n’ai pas le sentiment de retrouver des titres exceptionnels qui vont rester en mémoire.
Mon classement
All I Need To Hear : j’adore les balades au piano, je trouve qu’elles mettent parfaitement en Valeur le timbre de Matty Healy.
About You : évidemment, la suite de mon titre préféré, j’aime beaucoup l’ambiance qui ressort du titre qui me rappelle le premier album du groupe
Looking for Somebody : je valide cette chanson tout droit sortie d’un album des années 80 !
