L’actualité inspire régulièrement les artistes qui piochent parfois dans des histoires terribles pour créer des chansons. Retour sur trois titres inspirés par des tragédies.
Attention, les sujets de ces chansons sont assez durs, alors si vous êtes sensibles à ces histoires, je vous conseille de passer votre chemin.
I Don’t Like Mondays – Boomtown Rats
C’est en 1979 que Bob Geldof, le chanteur des Boomtown Rats, écrit l’un des plus grands tubes du groupe I Don’t Like Mondays. La chanson s’inspire directement de l’histoire de Brenda Ann Spencer. Le 29 janvier 1979, cette jeune fille de 16 ans tire sur les enfants qui jouent dans la cour d’école devant chez elle. Huit sont blessés et deux adultes, dont le directeur, sont malheureusement tués. Comme seule justification à son geste, Spencer explique qu’elle n’aime pas les lundis. Bob Geldof raconte alors l’histoire de cette adolescente à qui le père ne trouve aucune excuse pour son geste « parce qu’il n’y en a pas / de quelle raison avez-vous besoin ? », de cette école fermée et de ces jeux d’enfants qui s’arrêtent. Aux États-Unis, la chanson est jouée régulièrement tous les lundis matin comme un clin d’œil. Sauf à San Diego, lieu de la tragédie. Mais pas pour longtemps, puisque Spencer va faire jouer son droit à suspendre la diffusion du titre à la radio pour obtenir un procès équitable.
Hey Man, Nice Shot – Filter
Le 22 janvier 1987, le trésorier de Pennsylvanie, Robert Budd Dwyer se suicide en pleine conférence de presse retransmise à la télévision. Il est condamné quelques semaines plus tôt pour corruption et clame son innocence. Refusant de passer le reste de sa vie en prison, l’homme préfère se suicider en protestation à l’acharnement public qu’il a vécu. Cette affaire, qui marque la vie politique américaine, inspire le groupe américain Filter qui sort en 1995 Hey Man, Nice Shot qui revient sur la mort de cet homme qui a essayé de se battre pour son innocence contre des personnes plus fortes que lui. S’il est aujourd’hui évident que la chanson est écrite autour de cette affaire, le chanteur Richard Patrick expliquant qu’il l’a écrite en 1991, certains vont imaginer que le titre s’inspire en réalité du suicide de Kurt Cobain, décédé en 1994.
Jenny was a Friend of Mine – The Killers
Le 28 août 1986, Jennifer Levin est retrouvée morte à Central Park. La jeune femme, âgée de 18 ans, a été assassinée par Robert Chambers. S’il plaide coupable pour homicide, le jeune homme va régulièrement changer sa version de l’histoire pendant l’enquête. Et l’une de ses premières défenses est de dire qu’il n’a aucun mobile et que lui et Jennifer étaient amis. Il n’en faut pas plus pour les artistes pour imaginer diverses œuvres autour de cette histoire affreuse qui marque le New York des années 80 et 90. Et en 2004, c’est The Killers qui ajoute sa pierre à l’édifice avec Jenny Was A Friend Of Mine : un titre écrit sous le point de vue du tueur, ou du moins de l’accusé, dans laquelle il raconte leur soirée en justifiant qu’ils étaient amis et qu’il ne peut l’avoir tué. Cette chanson fait partie de la Murder Trilogy. Si Midnight Show, qui fait partie du même album, raconte leur meurtre, Leave The Bourbon on the shelf, sorti en 2007 se situe quelques heures avant les retrouvailles entre les deux personnages.
Photo de Une : David Clinch
