DIE LIFE : LE PROJET ABANDONNÉ DE MARINA

Alors que le second album de Marina, Electra Heart, a fêté ses dix ans il y a peu, l’histoire aurait pu être bien différente. Retour en 2010 pour parler du projet Die Life. 

En février 2010, Marina, alors encore connue sous le nom de Marina and The Diamonds, publie son premier album : The Family Jewels. Un album pop expérimental qui lui permet de se faire connaître du grand public. Ses singles ont déjà cette touche un peu déjantés et dénonciatrices qui va suivre la chanteuse toute sa carrière. Et dès la sortie de l’album, Marina décide de travailler sur de nouveaux titres pour produire un nouvel album. 

Pendant un temps, Marina souhaite travailler sur deux projets distincts. Le premier est Electra Heart. Celui devait être un projet à part, publié sous un autre nom de scène. Il deviendra finalement son second album studio après des mois de travail. Le second est Die Life qui, lui, aurait dû être le véritable second album de Marina. Un projet que l’artiste décrit comme de la pop electro assez sombre. Une sortie de musique à la Britney Spears version gothique. 

C’est en mai 2010 qu’elle tweet le nom de l’album, Die Life. Un jeu de mot entre Die et Life, la mort et la vie, mais aussi le déterminant féminin allemand die qui donnerait au titre la signification : la vie. L’album devait alors tourner autour de thème tel que la sexualité, la féminité ou encore les stéréotypes de la femme. Un album que Marina imaginait déjà être moins commercial, elle ne comptait d’ailleurs pas publié de singles pour la promotion de l’album.

Pour ce projet, Marina s’entoure d’un seul et même producteur : Greg Kurstin. Ce dernier est un habitué des artistes pop puisqu’il a travaillé, entre autres, avec Britney Spears, Lily Allen, Sia ou encore Kelly Clarkson. C’est avec lui qu’elle va travailler sur le tout premier titre de ce qui aurait dû être le projet Die Life : Living Dead. Le titre permettait ainsi de voir la direction de l’album, avec ses sonorités assez sombre et son thème tout aussi sombre qui tourne autour de la dépression. Dans un post sur son blog de l’époque, elle explique être partie à Los Angeles, où se trouve le producteur, pour comprendre comment apprendre à vivre. 

Certains considèrent que Die Life était le premier titre de la chanson. Lors d’un concert en juin 2010, la chanteuse devait interpréter une chanson de ce nom là comme le montre une photo de la setlist. Mais Marina n’interprétera finalement jamais de titre intitulé Die Life. Die Life serait-il finalement devenu Living Dead ?

Marina produit d’autres titres avec Kurstin dont certains que l’on retrouve par la suite dans Electra Heart. C’est le cas de Sex YeahPower & Control ou encore Starring Role, le premier titre réalisé pour Electra Heart. Un autre titre, Scab and Plaster, est également réalisé avec le producteur mais ne verra pas le jour. 

Enfin, une chanson aurait également pu faire partie de la tracklist. Il s’agit de Jealousy, une chanson prévue à l’origine pour The Family Jewels. Ce titre, qui n’était pas produit par Kurstin, est joué à de nombreuses reprises en live en 2010 et 2011 et devait sortir sur le second album de Marina, peu importe le projet. Mais la chanson a disparue et est devenue, en quelques sortes, Radioactive, l’un des titres d’Electra Heart.

Miss Y, l’un des unreleased les plus connus de la chanteuse, devait également faire partie de Die Life. Deux versions existent aujourd’hui sur le net, To Be Great et To Become Great. Mais comme beaucoup de titres à cette période, la chanson a sûrement été abandonné par Marina lorsqu’elle a décidé de se concentrer sur Electra Heart. 

Un tumblr avait été créé à cette époque, marinaandthefeminists.tumblr.com qui deviendra par la suite celui d’Electra Heart. Un peu comme la preuve ultime que Die Life a disparu pour devenir Electra Heart. Car au final, tous ces brouillons et ces demos de chansons ont une seconde vie quand Marina décide de mettre de se consacrer pleinement à Electra Heart.

Ce que je trouve intéressant avec ce projet, c’est que Marina souhaitait casser les codes de la pop classique pour aller vers des thèmes plus sombres et plus provocateurs. En 2011, dans un post sur son blog, elle va écrire « I only hate in others what I hate in myself. » (je déteste chez les autres seulement ce que je déteste chez moi) comme une preuve qu’elle souhaitait faire partie cette même pop qu’elle critique. Et Electra Heart sera, au final, un opus tout aussi dénonciateur qui critique les stéréotypes féminins.

Si Die Life n’a finalement jamais vu le jour, sa construction et sa réflexion a permis à Marina de réaliser Electra Heart.

Credit photo : design original par stormriver sur tumblr, édité par @okitanoniisan sur twitter

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